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Vous partez en vacances, la maison est vide, et un cambrioleur un peu informé sait très bien par où commencer : couper le wifi, puis le courant, avant même de s’approcher de la façade. À ce moment précis, la plupart des caméras de sécurité connectées ne servent plus à grand-chose. C’est exactement le scénario que j’ai voulu vérifier avec la EZVIZ HB8 4G Lite, une caméra solaire qui bascule automatiquement sur la 4G quand le wifi disparaît. J’ai poussé le test à l’extrême — panneau solaire débranché ET box internet coupée en même temps — pour savoir si la promesse tient vraiment ou si c’est juste un argument marketing de plus.
Ce que c’est concrètement
Sous son nom commercial HB8 4G Lite (référence interne EZVIZ CS-HB8c), cette caméra reprend la base de la HB8 Lite classique — la version Wi-Fi uniquement vendue 129,99 € chez EZVIZ — en lui ajoutant un module 4G et une bascule automatique de réseau. Concrètement, on a affaire à une caméra sur batterie, capteur 4 Mpx en 2K+ (2560 x 1440 selon la fiche EZVIZ), motorisée pour tourner à 360° à l’horizontale, livrée avec un panneau solaire de 5 W et son câble de 4 mètres. La vision nocturne se fait en couleur grâce à un petit projecteur LED intégré, et la caméra embarque une détection intelligente capable de distinguer une personne d’un véhicule (et, dans une moindre mesure, d’un chat, comme le note le test de Frandroid sur la version de base). Le kit avec panneau solaire est vendu 169,99 € chez les revendeurs français (Fnac, Darty, Boulanger), soit environ 40 € de plus que la version Wi-Fi seule — le prix de la double connectivité.
Fiche technique
| Capteur | 4 Mpx, vidéo 2K+ (2560 x 1440), 15 im/s max |
| Champ de vision | 75° horizontal / 40° vertical (fixe), rotation motorisée 360° pan / jusqu’à 80° tilt |
| Vision nocturne | Couleur (projecteur LED) + infrarouge, portée annoncée 15 m |
| Connectivité | Wi-Fi 2,4 GHz + 4G (nano SIM non fournie), bascule automatique en cas de coupure wifi |
| Autonomie annoncée | Jusqu’à 15 jours sur une charge, fonctionnement à l’année avec 2h de soleil/jour selon EZVIZ |
| Panneau solaire | 5 W, silicium, câble 4 m, IP65 |
| Stockage | MicroSD jusqu’à 512 Go (non fournie) ou cloud EZVIZ CloudPlay (abonnement, à partir de 4,49 €/mois) |
| Audio | Bidirectionnel, sirène + flash intégrés |
| Étanchéité | IP65 |
| Poids / dimensions | ~660 g, 16,8 x 10 x 13,7 cm |
| Prix | 169,99 € (kit caméra + panneau solaire) |
L’installation : trois pièces, cinq minutes
Sur le papier, l’installation tient en trois éléments : la caméra, le panneau solaire, et le petit support qui se clipse sur la caméra — fourni dans la boîte avec les vis et chevilles si besoin de fixation murale. Dans mon cas, deux colliers sur une barrière ont suffi pour avoir un support rigide. L’astuce vraiment utile, c’est le câble de 4 mètres qui relie le panneau à la caméra : ça permet de mettre le boîtier à l’ombre pour éviter qu’il ne surchauffe ou qu’il se retrouve ébloui par le soleil en pleine face, tout en plaçant le panneau, lui, plein sud là où il captera un maximum de lumière. Frandroid, qui a testé la version de base, souligne le même point avec un mot en plus : le panneau doit être appairé séparément dans l’application via un QR code qu’ils n’ont pas réussi à localiser sur leur exemplaire — un détail à vérifier à la réception si vous rencontrez le même souci, sachant que l’alimentation solaire fonctionne de toute façon dès le branchement même sans cet appairage.
Côté application EZVIZ, le processus est classique : téléchargement sur iOS ou Android, création de compte, scan du QR code présent sur la caméra, puis saisie du mot de passe wifi. Une fois connectée, la caméra affichait déjà 83 % de batterie solaire à la sortie de sa mise en route chez moi — un bon signe sur l’efficacité du petit panneau de 5 W. Reste ensuite à choisir un mode de fonctionnement : AOV (Always On Vision, qui gère la détection à intervalles réguliers et automatiques selon le niveau de batterie), mode standard (réveil uniquement sur détection), mode économie d’énergie, ou alimentation branchée en continu si vous préférez brancher la caméra sur une source USB-C classique. Comptez environ cinq minutes du déballage à la première notification de détection — c’est clairement le genre de caméra à sortir la veille d’un départ en vacances plutôt qu’un projet de weekend.
Ce qu’on obtient à l’usage : de jour comme de nuit
La qualité d’image en 2K+ tient la route dans des conditions normales, avec une colorimétrie plutôt naturelle. C’est de nuit que la caméra surprend le plus : la vision nocturne en couleur, grâce au petit projecteur LED du dôme, donne une image nette même à 22h46 passées, loin du classique noir et blanc pixelisé qu’on associe encore trop souvent aux caméras d’entrée de gamme. Le test de Frandroid sur la version Wi-Fi (même base optique) confirme cette bonne tenue en basse lumière, avec toutefois une réserve : le mode couleur devient plus sensible à la poussière ou aux parasites climatiques (pluie, brouillard) que le mode infrarouge classique, qui reste préférable au-delà de 5 mètres de distance.
Là où il faut être honnête, c’est sur l’angle de vision fixe du capteur : 75° à l’horizontale, ce qui n’a rien d’exceptionnel comparé à d’autres caméras du marché. EZVIZ compense avec la motorisation à 360°, mais cela signifie concrètement que la caméra ne surveille en continu qu’une portion de l’espace, et compte sur la détection pour orienter l’objectif vers le bon endroit au bon moment plutôt que de tout voir en permanence. Pour une cour en longueur, une allée, un point d’accès unique ou une place de parking, c’est largement suffisant. Pour un grand jardin ouvert ou une terrasse large, il faudra probablement plus qu’un seul exemplaire, ou accepter des angles morts.
Le vrai test : tout couper, et voir si ça tient
C’est le moment qui justifie à lui seul cette vidéo. Après avoir configuré la carte nano SIM (logée dans une trappe sous l’objectif, à côté de l’emplacement microSD, accessible avec un simple tournevis) et activé l’option « réseau de secours 4G » dans les paramètres réseau de l’application, je suis passé à l’épreuve : débrancher physiquement le câble du panneau solaire, couper le disjoncteur et le wifi de la maison, puis emporter la caméra avec moi, littéralement déconnectée de tout sauf de sa batterie interne. Résultat : elle a continué à fonctionner et à remonter des images sur l’application, sans interruption perceptible. La bascule vers la 4G s’est faite silencieusement, sans configuration supplémentaire à ce moment-là puisque tout avait été préparé en amont.
Pour vérifier que la détection suivait, je me suis ensuite placé dans l’angle de vue de la caméra installée sur ma barrière : la notification de détection humaine est arrivée en quelques secondes, avec la vignette et la vidéo consultables directement depuis l’onglet Événements de l’application. C’est précisément le scénario qu’une caméra classique, uniquement Wi-Fi et secteur, ne peut pas couvrir : coupure de courant, panne de box, ou sabotage volontaire, la HB8 4G Lite garde un œil sur la maison dans les trois cas. Concrètement, c’est ceinture, bretelles, et batterie de secours — pas une garantie à 100 % contre un cambrioleur déterminé et équipé, mais une marche de plus qu’il faudra franchir, et un dispositif qu’il ne pourra pas neutraliser en coupant simplement une box internet dans le garage.
La face cachée du forfait : la 4G, ça se prépare et ça se paie
Un point mérite d’être dit clairement plutôt que découvert après achat : la fonction 4G nécessite une carte nano SIM et un forfait data actif, non fournis avec la caméra. Ce n’est ni gratuit à vie, ni magique — il faut prévoir ce coût en plus du prix du kit. La bonne nouvelle, c’est que la data n’est utilisée qu’en cas de coupure du wifi, donc très ponctuellement dans un usage normal : un forfait d’appoint premier prix (autour de 2 €/mois chez certains opérateurs) suffit largement, puisqu’il ne sert que de roue de secours et non de connexion principale. C’est le genre de détail qui fait la différence entre un test qui vend du rêve et un test qui vous évite une mauvaise surprise à la première facture.
Autre coût à anticiper si vous voulez vous passer de carte microSD : le stockage cloud CloudPlay d’EZVIZ, qui démarre à 4,49 €/mois (49,99 €/an) pour 7 jours d’historique sur une caméra, et grimpe à 9,99 €/mois pour 30 jours. Rien d’obligatoire — une simple carte microSD (64 Go suffit pour un usage domestique standard) fait très bien l’affaire et évite tout abonnement récurrent — mais autant le savoir avant de comparer le prix affiché de la caméra à celui d’un concurrent qui inclurait le cloud dans son forfait.
Autonomie : le panneau solaire fait le travail, avec des nuances
EZVIZ annonce jusqu’à 15 jours d’enregistrement sur une seule charge et un fonctionnement à l’année avec seulement 2 heures de soleil quotidien. Sur le papier, même l’hiver reste jouable. Dans les faits, le retour d’expérience des testeurs qui ont eu la version de base en main plusieurs semaines (Frandroid, mais aussi les tests indépendants de la HB8 Lite Wi-Fi) est plus nuancé : l’estimation du fabricant est jugée optimiste dès que la détection est sollicitée fréquemment, notamment à cause de la motorisation qui consomme nettement plus que le capteur seul. Dans un environnement calme avec peu de passages, le panneau de 5 W suffit à maintenir une charge quasi permanente ; dans un environnement très actif (rue passante, jardin fréquenté), il faut s’attendre à devoir décrocher la caméra de son support de temps en temps pour une recharge manuelle en USB-C — l’opération reste rapide grâce aux boutons de déclipsage de chaque côté du boîtier. C’est un point commun à quasiment toutes les caméras solaires du marché, pas un défaut propre à ce modèle, mais mieux vaut ne pas prendre l’argument « 2h de soleil suffisent » au pied de la lettre si votre zone de surveillance est très sollicitée.
Face à la concurrence
À 169,99 € en kit avec panneau solaire, la HB8 4G Lite se positionne sur un segment où la concurrence directe avec bascule 4G native reste limitée — beaucoup de caméras solaires du marché (Reolink Argus, TP-Link Tapo, ou même la version Wi-Fi seule de cette HB8 Lite à 129,99 €) misent uniquement sur le wifi et n’offrent aucune solution de repli en cas de coupure réseau. Le compromis est clair : vous payez environ 40 € de plus que la version Wi-Fi pour une vraie sécurité en cas de panne ou de sabotage, plus le coût (minime mais réel) d’un forfait data d’appoint. Pour une résidence principale bien couverte en wifi et jamais livrée à elle-même, cette dépense supplémentaire n’a probablement pas grand intérêt. Pour une résidence secondaire, un terrain isolé, une dépendance ou une zone où le réseau domestique est capricieux, c’est justement l’argument qui justifie le surcoût — la caméra reste utile précisément dans les situations où une caméra classique vous laisserait tomber.
Prix, sans détour
169,99 € pour le kit complet (caméra + panneau solaire), c’est un tarif cohérent au regard de ce qui est embarqué : capteur 2K+, motorisation 360°, IA de détection humain/véhicule, vision nocturne couleur, panneau solaire inclus et double connectivité wifi/4G. Ce n’est pas le kit solaire le moins cher du marché — la version Wi-Fi seule reste 40 € moins chère et suffira à la majorité des usages en résidence principale bien connectée — mais le delta de prix correspond à une fonctionnalité réelle et vérifiée en conditions extrêmes dans cette vidéo, pas à un argument marketing gonflé. Ajoutez simplement dans votre budget le forfait data d’appoint (quelques euros par mois) et, si vous le souhaitez, une carte microSD ou un abonnement CloudPlay pour le stockage.
Pour qui, concrètement ?
Cette caméra a un vrai sens si vous avez une résidence secondaire, une maison de vacances, un terrain isolé, ou tout simplement une zone où le wifi n’est pas fiable à 100 %. Elle continue de fonctionner même si absolument tout est coupé autour d’elle, ce qui correspond exactement au moment où une caméra classique montrerait ses limites. Si vous vivez dans une résidence principale avec un wifi stable et que vous n’êtes jamais longtemps absent, la version Wi-Fi seule à 129,99 € couvrira probablement vos besoins pour 40 € de moins. Mais pour qui veut être certain d’avoir toujours un œil sur sa maison pendant une absence prolongée — vacances, déplacement professionnel, résidence secondaire visitée une fois par mois — le surcoût de la bascule 4G se justifie, et c’est un vrai plus d’avoir vérifié la promesse en conditions réelles plutôt que de se fier uniquement à la fiche produit.